| | | Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris | |
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josua Chevalier


Nombre de messages: 178 Localisation: le nez dans les étoiles Date d'inscription: 15/02/2005
 | Sujet: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Jeu 21 Avr - 15:03 | |
| Résumé des évènements de la semaine :Camaris a récupéré Peine, l'épée démon symbole du pacte qui lie sa famille à une entité des abysses. L'influence pernicieuse de la claymore affecte petit à petit son jugement et son discernement, le rendant paranoïaque, agressif et vindicatif. Craignant pour la sécurité de l'équipage, il passe le plus clair de son temps à terre, dans de longs combats sanglants. Son comportement intrigue certaines personnes à bord, il en agresse plusieurs verbalement, avant de s'enfermer dans la solitude de sa cabine. Il est persuadé de pouvoir domestiquer le pouvoir maléfique qui est la malédiction de sa lignée, mais craint de blesser quiconque a bord. Ce matin, après une nuit de prières destinée à garder son esprit des intrusions dominatrices, sa volonté atteints ses ultimes limites dans le combat intérieur qui le consume. Il ne reconnaît pas son ami Mysta, la vigie, qu'il rabroue à tord. Hésitant à quitter l'Arpenteur définitivement, il ne peut s'y résoudre au vu de ses sentiments pour une jeune femme à l'égard de laquelle il refuse d'avouer son amour, de retour depuis peu sur le pont. Le conflit mental oppose désormais son devoir à sa flamme, et il passe le reste de la journée à rôder dans sa cabine, de plus en plus tendu et incertain. Au coucher du soleil, il prend sa décision, et trouve Sira en compagnie de Lycandrion, dont il juge malgré lui la présence mal opportune. Son âme n'est plus animée que par deux pensées primaires : ouvrir son coeur et détruire tout ennemi. Son comportement devient de plus en plus sauvage, au fur et à mesure qu'enfle sa douleur intérieure, il devient agressif à l'égard de son ami et écuyer. Mysta prend alors part à la dispute en le changeant en mouton, et en le jetant par dessus bord. Sira plonge pour le sauver, et Lysielle dissipe l'enchantement, alors que Camaris coule, lesté par les cinquante kilos de son armure d'acier. Lycandrion le sauve en tranchant les sangles de celle-ci, aidé par la belle, alors que dans l'esprit du paladin ne subsiste plus qu'une idée : détruire Mysta, le traître, le meurtrier, qui l'a condamné à mort en le lâchant en plein océan dans son harnois de plates. Il devient fou furieux, remonte sur le bateau et tente de mettre fin à la vie de la vigie à grand renforts de coups d'épée, repoussant férocement tous ceux qui tentent de s'interposer. Pourtant dans son esprit, la voix de la raison et celle de l'amitié luttent contre le contrôle démoniaque de l'épée, et au moment où sa résolution vacille, Sira s'interpose, et le serre dans ses bras. L'enlacement de la femme de ses rêves libère son esprit, et le plonge dans une grande confusion. Sira en profite pour subtiliser et cacher l'épée sur le bateau. Au bord de la folie, bredouillant, Camaris voit s'accomplir devant lui l'acte le plus vil qu'il puisse imaginer, de la part d'un gnome qui a tenté de le tuer peu de temps avant : Mysta touche et palpe avec un sourire vicieux les fesses de Sira, qui lui colle une claque retentissante. Ivre de rage, il se jette sur le gnome qui use encore de ses sortilèges pour essayer de s'enfuir et de le narguer. Lycandrion met fin a la scène en assommant Mysta, et en le ligotant. Son univers brisé, le chevalier comprends qu'à travers l'épée, son maître diabolique a rompu le pacte, même pour le protéger. Sa famille est en effet liée depuis des générations à un diable de l'outre-monde, ce dernier protégeant la baronnie du Roc de l'influence maléfique des abysses où elle se trouve depuis des éons, suite à son sacrifice par un roi oublié sur l'autel du pouvoir. En échange, pour protéger son peuple, la noblesse de chaque génération se doit de servir dans les guerres que se livrent les planaires malfaisants, à la condition que le seigneur des ténèbres n'exige ainsi que le meurtre d'autres démons. Le monde de Camaris s'effondre avec le peu de raison qui lui restait. Il est devenu un monstre, capable à tout instant de perdre la raison et d'attaquer un de ses amis. Il explique la situation à ses compagnons, avant d'exiger la restitution de Peine. Maintenant que le pacte a été rompu, plus rien ne protège le peuple de sa contrée, il se doit donc d'arracher une nouvelle promesse au maître de l'épée, ou de mourir en essayant. Sira fond en larmes, révélant a demi-mots son amour le paladin, ce qui le frappe de plein fouet dans l'océan de sa folie. Lycandrion refuse de le voir partir, et après une âpre discussion, le laisse finalement récupérer l'épée du Roc. Camaris bénit Sira, évanouie, lui demandant de vivre heureuse après sa mort. Sira lui demande de ne pas partir ou de revenir, dans son inconscience, mais il s'en va rapidement, la lame au poing, faisant face une dernière fois à son destin, le coeur ravagé de ne pouvoir demeurer à ses côtés. _________________  Mandylion without a face Deathwish without a prayer End of hope End of love End of time The rest is silence
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|  | | josua Chevalier


Nombre de messages: 178 Localisation: le nez dans les étoiles Date d'inscription: 15/02/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Jeu 21 Avr - 15:03 | |
| A travers la brume de la déraison, toute douleur physique abolie, son âme à l'agonie, Camaris nageait vers la côte. Peine était accrochée dans son dos, étrangement calme, comme consciente de la gravité de la décision qu'elle avait prise en interférant dans sa vie. Son coeur dans un étau à l'idée que ses actes puissent causer la fin de son peuple, son esprit passé au grill par la culpabilité des actes violents perpétrés, particulièrement les plus récents, et plus que tout ceux dont avaient souffert ses compagnons, il pestait contre la perte de son harnois. Au fond de lui, il savait bien qu'un corsaire irait le repêcher, mais il n'avait pas le luxe d'attendre, il devait rejoindre le Roc le plus rapidement possible. Les paroles de son père à propos de la succession résonnèrent douloureusement à ses oreilles, chaque membre de sa famille avait l'occasion, une fois dans sa vie, d'infléchir légèrement le pacte, négociant selon sa position de force. L'influence de l'homme ou du démon s'en voyait vaciller un peu, cycle après cycle, d'une confrontation à la suivante. Il sourit avec ironie, amèrement, devant des chances de réussite chimériques. Coeur en ébullition, moral brisé, armure égarée, ... Il avait même perdu son dernier atout, ultime vestige de son âme de chevalier : sa détermination. Le visage de Sira le hantait, niant son abnégation à mourir dans l'accomplissement de sa tâche, pourtant il n'arrivait pas à trouver cela désagréable. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti une telle soif de vivre et d'aimer, mais il savait, il espérait la voie toute tracée devant lui. L'inéluctabilité de son destin avait toujours été un élément de stabilité pour sa foi, mais aujourd'hui le doute rongeait son coeur. Il revit le détail de sa silhouette gracile, la profondeur de son regard, la finesse de ses traits, la rondeur de ses formes, la souplesse de sa démarche envoûtante. Le paladin endigua difficilement le flot d'émotions qui le submergèrent à son évocation. Il se souvint de son trouble à son égard, et éprouva de l'armertume de ne pas avoir osé lui ouvrir son coeur. Il avait toujours pensé représenter le plus mauvais parti possible pour une femme, son devoir pesant lourdement sur sa vie, et avait toujours trouvé égoïste à l'extreme l'idée de faire partager à une autre âme son fatal destin. Comme il aurait aimé être un simple paysan, libre de ce devoir funeste, il aurait alors pu lui offrir son âme et sa vie, peut-être aurait il construit une chaumière où ils auraient pu vivre heureux, peut-être ... Il se força à ne plus penser, craignant de trahir son devoir, baissant mentalement les yeux devant ce regard qui ne le quittait ni ne cillait. Il se concentra sur les détails pratiques de son dernier voyage, se rappelant avoir commandé dans une cité voisine une cote de maille qui devait aller sous son armure, bénie et protégée contre les charmes destructeurs des servants des ténèbres. Le reste de son or lui servirait à acheter équipement et provisions, puis il se mettrait en route. Ses pensées l'assaillir à nouveau au galop, et il sourit, se rappelant avoir déposé sur son front un chaste baiser. Mais l'expression de son visage changea et se fana avec le flux de ses pensées, lui arrachant quelques mots, douloureux à en mourir : - << Dame de mes rêves, oublie moi ... >> Il regretta un instant de ne pas avoir pu expliquer tout ceci à ses amis les corsaires, mais se rassura en se disant qu'ils auraient certainement voulu le suivre au bout de l'enfer, bougres qu'ils étaient. Trop de gens étaient morts et avaient souffert de son fait, qu'avait t'il donc fait de grand dans sa vie ? Il se remémora ses moments passés parmi les chevaliers de la Rose, et son impuissance rageuse devant l'extermination de l'ordre. Il revit chaque instant passé avec les boucaniers, un flot de joie inondant son visage. Le jeune homme n'avait jamais compris quelle fierté poussait les hommes à avoir honte de leurs larmes, aussi sourit il faiblement. - Ce sont des larmes de joie mes amis ... Prenez soin de vous. De tout coeur, merci ... Il revit son enfance, la beauté naturelle de son pays, la détermination de son peuple, condamné siècles après siècles à lutter contre le mal qui l'assaillait de toutes parts. Il se remémora le moment où il était devenu un homme, devant contempler l'atroce cérémonie rituelle, durant laquelle le fruit de toute sa haine avait dévoré vif un jeune enfant, en de longues bouchées ponctuées de hurlements de souffrance. Le prix de l'obéissance avait t'il annoncé avec une pointe d'ironie sadique. Camaris rêva de liberté pour les siens, de révolte, mais son rêve vola en éclat devant la vision de sa contrée envahie par les hordes des limbes. Le pacte devait être renouvelé, afin que nul autre que lui ne meure. D'autres viendront se dit il, plus forts, et ils trouveront une échappatoire à cette damnation injuste. Ressasser ainsi ses émotions lui apporta un semblant de calme, et c'est bien résolu qu'il arriva au portail le lendemain. En ville, les gens l'avaient regardé comme un fou, probablement à juste titre. Il avait fait réveiller l'armurier en pleine nuit, et avait repris la route sitôt les derniers ajustements effectués. Vif-argent, son destrier, semblait sentir avec l'empathie qu'il avait développé durant ces années l'urgence de la situation, il avançait rapidement, fourbu mais vaillant. La coupure de l'acier dans sa chair, l'odeur âcre du sang, versé en accomplissant le rituel avaient fini de le tirer de sa torpeur nocturne, aussi le chevalet de torture qu'était son âme se remit inexorablement en marche. La vision du visage déformé par la douleur de l'élue de son coeur sapèrent son moral, et bien triste fut son retour dans sa cité natale. L'architecture pauvre et fonctionnelle était le pâle reflet de la cité perdue de Lordaeron, chaque instant de la vie de ses habitants tournée vers la lutte contre l'assaillant démoniaque. Les gardes le laissèrent entrer sans un mot, et nulle âme ne posa son regard sur lui, conformément aux règles édictées par la tradition. Il se sentait comme un mort en sursit. Le doute n'ayant plus sa place, il remonta rapidement l'avenue menant au donjon, oppressé par une solitude accablante. Peine luisait d'une lueur blafarde et mauvaise, qu'il trouva presque goguenarde. Il affermit sa volonté, les conseils de son père résonnant durement dans son esprit : << - c'est juste un combat entre deux guerriers, une passe d'armes dont il faut ignorer tenants et aboutissants. L'acier contre l'acier, ta volonté contre la sienne, le reste n'est qu'illusion. Le passé et l'avenir ne sont que des chimères destinées à t'affaiblir, oublie les, nie les. Trouve la force mon fils, pour notre peuple, pour le Roc ! >> Il fit table rase sur le passé, précipitant par dessus les bords de sa conscience souvenirs et sentiments. Dans les affres de sa folie, il oublia tout, à l'exception d'une émotion, qu'il ne put détruire, malgré la force de son esprit engloutissant son histoire comme un raz-de-marrée. Un visage, un visage de jeune femme, gracieux et fin , mais rayonnant par dessus tout à travers un sourire d'un caractère formidable. << - je te promets de revenir, Sira, quels que soient tes sentiments, je refuse de mourir sans avoir entendu la réponse la plus importante de mon existence de ta bouche. Sois mon bouclier, Dame d'Esprit et d'Argent, afin que je ne souffre pas une damnation éternelle de doutes et de regrets. >> Abandonnant sa monture, il gravit lentement les marches de pierre vers son destin, l'âme imperméable aux propositions des créatures murmurantes, la démarche résolue, le front haut et le regard implacable, calme pour la première fois depuis une éternité. Il traversa l'immense salle de banquet en pressant le pas, sans rencontrer âme qui vive, et poussa les battants sinistres de la salle d'armes, persuadé sans qu'il puisse l'expliquer qu'il y trouverait son ennemi. La démon l'attendait, un sourire plein de dérision gravé sur la face. << - Ha, petit Camaris ... Maintenant je vais te briser, ta mort serra douce à mes sens, jusqu'à ce que tu me supplies d'en finir ... >> _________________  Mandylion without a face Deathwish without a prayer End of hope End of love End of time The rest is silence |
|  | | Sira Damoiseau/Damoiselle

Nombre de messages: 160 Date d'inscription: 26/01/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Jeu 21 Avr - 16:44 | |
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|  | | Lycandrion Conteur/Conteuse


Nombre de messages: 56 Localisation: UTBM - Belfort (90) Date d'inscription: 28/02/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Jeu 21 Avr - 17:47 | |
| (Sira, si j'avais pu rester jusqu'a ce que tu me pose cette question, je me serais fais un devoir... de te mentir. J'ai bien vu comme tu as souffert quand tu as vue Camaris chercher désespérement sa lame, et c'est pourquoi je t'aurais menti, pour retarder au maximum l'échéance, en espérant pouvoir le ramener entre temps ^^) _________________ Pas vu, pas pris!
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|  | | Seiei Champion/Championne


Nombre de messages: 243 Localisation: Namur (Belgique) Date d'inscription: 08/02/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Jeu 21 Avr - 23:21 | |
| << - Ha, petit Camaris ... Maintenant je vais te briser, ta mort serra douce à mes sens, jusqu'à ce que tu me supplies d'en finir ... >> << - Si tu crois que ca sera aussi facile, tu te met le doigt dans l'os, sale diablotin. >> De la pénombre du couloir, émergent deux ombres. << - Tu croyais qu'il serait aussi facile de nous semer, Camaris, fit une voix douce et froide. - C'est pas toi qui disait qu'il te fallait l'aide de la lumière, mon ami ? >> Lysielle les cheveux crépitant d'énergie pure, se rangea a la gauche du fier paladin. << - Jeune sot, tu n'es pas seul dans tes soucis >> Glorindor, armé de son grand pavois et de sa masse, se positionna a sa droite << - Cumulons nos pouvoirs, mon frère, et éradiquons le fléau de tes terres >> Camaris, encore bouche bée par ces apparitions, baissa sa garde lorsqu'il sentit un étrange contact froid dans son cou << Donne moi une bonne raison de ne pas t'égorger, mécréant, petit déserteur, chuchota une voix avec un léger ton amusé. Et tu crois tenir le coup avec une garde aussi mauvaise ? On va te filer un coup de main, mon ami, et t'auras interet a te rattraper par apres, on aura une jeune demoiselle a aller rechercher >> Pivotant sur lui même, Seiei se rangea a la droite de Glorindor << Au boulot les enfants, ce soir, au menu, steak de diablotin >> _________________ [img:abc9]http://membres.lycos.fr/darshseiei/wow/bann/Seiei-buccaneers.gif[/img:abc9]
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|  | | Lycandrion Conteur/Conteuse


Nombre de messages: 56 Localisation: UTBM - Belfort (90) Date d'inscription: 28/02/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Ven 22 Avr - 9:28 | |
| ( après tout on va respecter ce qu'a dit Sira, que ca lui casse pas tout ^^) Je restais un bon moment au chevet de Sira, perdu dans mes pensées. Camaris... Comment cette épée maudite est elle arrivée entre ses mains? Comment l'en débarasser? Le seul véritable ami que j'ai eu ces dix dernières années, et le voila aux prises avec un démon, et j'ignore coment le sortir de la... Ce sentiment d'impuissance.... Je me relevais, furieux contre moi même. S'il voulait affronter ce démon seul, ca n'allait pas se passer comme ça! Je récupérai hativement mon équipement, et me lançait à sa poursuite. Il m'avait vaguement parlé de son pays, aussi je me dirigeais directement la bas. Le retrouver me fut pas trop difficile, vu l'impression qu'il faisait aux gens. Lorsque j'arrivais, je le vis aux cotés de Lysielle, Seiei et Glorindor, et il faisait face à un démon. Je me rapprochais d'eux. "T'espérais quand même pas te défaire de ton écuyer aussi facilement, Camaris?" dis je en sortant mes lames de leurs fourreaux. _________________ Pas vu, pas pris!
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|  | | josua Chevalier


Nombre de messages: 178 Localisation: le nez dans les étoiles Date d'inscription: 15/02/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Sam 23 Avr - 11:51 | |
| Camaris ouvrit la bouche pour crier sa honte d'avoir entrainé ses amis dans l'antre du mal, mais la joie qu'il ressentit l'en empêcha. Chacun d'entre eux était une personne d'honneur, consciente des risques et prête malgré tout à les braver. Il lui incombait désormais de les protéger, maintenant plus que jamais, et il en fit le serment a voix basse. Il lança, Comme une bravade jettée au visage de ce destin si cruel, l'antique cri de guerre des siens, et chargea, la garde haute, le coeur ampli d'un sentiment de plénitude : << Pour que vive le Roc ! le Roc ! le Roc ! >> Il avait remarqué l'absence de Sira, un pincement au coeur, se consolant à demi du fait qu'elle ne soit pas en danger. Peut être son coeur lui avait il menti, et avait malgré lui maquillé de l'amitié en affection ? Il se refusa à y penser, et étudia son adversaire du regard. Le démon éclata de rire, mais rien n'avait préparé leurs oreilles à ce son dissonant et surréaliste, aux intonations inhumaines et obscènes. Tel un ouragan se préparant à balayer des fétus de paille, railleur et tout puissant, il se redressa dans toute sa splendeur corrompue. Il faisait plus de 3 mètres de haut, pourtant chaque parcelle de son corps n'était que muscle, griffe, écaille et chtine. Ses ailes déployées et rougeoyantes rappellaient la puissante stature d'anges, mais si dévoyée que l'idée en devenait choquante. Ses membres étaient longs et épais, comme ceux d'un athlète, recouverts d'une couche organique à l'apparence rugeuse. Son visage fin mais massif était surmonté de cornes de bélier, sous lesquelles tronaient un sourire plein d'assurance et de dérision. Il portait un plastron orné de runes miroitantes, des jambières ouvragées et des poignets de force solides qu'on auraient dit forgés dans le bronze, ses mains et pieds étaient terminés de longues griffes, fines mais longues comme des dagues. Son flanc gauche était protégé par un lourd pavois d'un métal noir et massif, à la couleur d'osbidienne, où Camaris eu le déplaisir de reconnaitre les armes de sa famille. Mais l'attention du chevalier toute entière était focalisé sur sa main dextre, où semblait palpiter un morceau de ciel ondulant, évoquant par moment la forme d'une lame. Elle semblait en désacord avec la créature des limbes, qui la brandissait pourtant avec une expertise martiale et une assurance inquiétantes. L'intéressé mua son sourire en une grimace cruelle et arrogante, et chargea le chevalier en quelques bonds rapides qui firent fibrer les dalles du sol. _________________  Mandylion without a face Deathwish without a prayer End of hope End of love End of time The rest is silence |
|  | | Sira Damoiseau/Damoiselle

Nombre de messages: 160 Date d'inscription: 26/01/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Sam 23 Avr - 17:37 | |
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Dernière édition par le Mar 7 Juin - 2:18, édité 1 fois |
|  | | josua Chevalier


Nombre de messages: 178 Localisation: le nez dans les étoiles Date d'inscription: 15/02/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Jeu 28 Avr - 22:07 | |
| Le doute passa comme un coup de vent sur le visage du géant démoniaque, le figeant dans une posture offensive alors qu'il découvrait de nouveaux adversaires, il retrouva pourtant en un instant son sourire arrogant. - hum ... mais tu as même pensé à ramener des amuses-gueule ! comme ils sont mignons ... ce sont tes esclaves ? tes ... amis ? dit il avec tant d'ironie dans la voix qu'il semblait suggérer que l'idée était pour lui totalement improbable - Peu importe ... mes serviteurs se repaîtront de vos âmes ! Il leva un poing vengeur vers le ciel, comme s'il maudissait un panthéon lointain de son sort, et poussa un long hurlement de haine pure, longtemps contenue, issue de siècles de douleur et de frustration. Le son les traversa, irréel, et ils purent saisir dans son cri tout le désespoir d'une âme qui se sait condamnée pour l'éternité. Ils en perdirent chacun l'usage de leurs sens pour quelques instants, alors qu'autour d'eux avançaient des créatures grotesques arborant un sourire cruel. Elles étaient petites, tassées sur elles mêmes, comme pour empêcher toute velléité de rébellion contre leur maître, mais aussi incroyablement trapues. Dans leurs dos couleur de cendre pendaient deux moignons d'ailes sanglants, et ils approchaient, titubant, tels des oiseaux mutilés grotesques. Leurs visages, vaguement humain, laissaient transparaître une souffrance qui ne l'était pas, tandis que chaque partie de leur corps semblait rappeler les multiples sévices qu'on leur avait infligés. Ils portaient sur leur peau d'albâtre des cicatrices de tous types, certaines anciennes, d'autres des blessures infectées et purulentes qui donnaient la nausée à quiconque les observaient. Des morceaux d'os dépassaient ça et là de leurs membres, leurs jambes boiteuses les soutenant à peine, de longues griffes terminant leurs bras, comme si on leurs avait tranché les membres avant d'y plonger le métal brûlant d'armes primitives pour les y souder. De leur corps dépassaient entrailles et organes, et nombres d'entre elles avaient perdus des morceaux de leur physique. Certaines mêmes rampaient faute de marcher, l'attitude pathétique. Tout en elles révélait une douleur intense et une souffrance infinie, elles avançaient pourtant implacablement, avides de tuer et de mourir. Le paysage avait changé avec leur apparition, en une vaste pleine de cendres, d'ou émergeaient les ruines d'une civilisation oubliée. - Il y en a des milliers lâcha Glorindor, se préparant au combat ... - L'horizon en est recouvert, nous nous trouvions pourtant bien dans une salle il y a quelques instants ... ajouta Lycandrion, finissant d'enduire ses dagues de poison - Je vais ouvrir un passage dans leurs corps à grands coups de sorts de zone, protéger moi mes amis proposa Lysielle d'une voie décidée - Il faut tuer leur maître, décida Seiei, l'air résolu - On ne peut le tuer ici, mais on peut le vaincre. Tenez les à distances, je dois accomplir mon destin face à lui. ajouta Camaris, le visage vide de toute émotion. - On ouvre un passage et on se jette tous sur lui conclut Seiei, se préparant à charger - Non ... répondit Camaris. C'est un duel entre lui et moi, entre sa réalité et la mienne ... Je dois l'affronter seul, mais pour que j'ai la moindre chance, j'ai besoin de votre aide pour dégager ses alentours. - La vie de tout un peuple est en jeu, nous ne pouvons perdre ... Je l'affronterai, comme ma mère l'avait lu dans les astres, face à face, vous ne pouvez faire plus. Ne faites pas tout échouer maintenant mes amis, laissez moi une chance .... Il se jetèrent dans la mêlée, s'ouvrant un chemin parsemé de tourbillons carmins en direction de leur objectif. Ils avaient passé leurs vies à se battre, chacun excellant dans son style de combat, aussi un tourbillon de mort et d'acier s'abattit sur la masse des zombis qui se rapprochaient. Lycandrion atteint une vitesse dépassant celle perceptible par l'oeil, enchaînant une pluie de coups précis, chacun tranchant un membre d'un de ses ennemis. A peine avaient ils le temps de brandir leurs armes qu'ils s'effondraient sur le sol, taillés en pièce. Glorindor chanta, de sa voix de baryton, une homélie à la Lumière, l'énergie bénéfique fusant autour de lui et fauchant les rangs des morts vivants. Sa lourde masse abattait à chacun de ses coups un être, dans un bruit d'os brisés sinistre. Nul adversaire ne pouvait passer sa garde, et il pris soin de refermer les blessures des compagnons sitôt celles ci infligées. Lysielle sourit avec fureur, et se lança dans la confrontation, pourtant pas une goutte de sang ne macula la blancheur immaculée de sa robe couleur d'ivoire. Elle concentrait l'énergie thaumaturgique autour d'elle, fauchant les démons par groupes entiers, virevoltant comme la plus mortelle des danseuses, la démarche rapide et pleine de grâce. Seiei surveillait les gestes de ses amis, protégeant leurs arrières, tout en fauchant des corps à tour de bras. Les blessures qu'ils infligeait était profondes et mauvaises, et plus d'un non-mort perdit la vie dans les instants qui suivirent son passage sans en comprendre la raison. Ses deux lourds cimeterres dansaient autour de lui dans un ballet mortel, et il avançait implacablement, tel un derviche magnifique. Camaris lui aussi chantait pour repousser l'armée maudite, projetant des raies de Lumière pures qui brûlaient leurs ennemis comme de la cire. Il concentrait pourtant toute son attention sur sa cible. Celle-ci prit son envol dans un claquement d'ailes, s'éleva lourdement quelques instants au dessus d'eux, ne quittant pas le membre de la lignée maudite du regard. Il lui lança un sourire triomphant, avant de se jeter sur lui en piqué, lançant vers le sol toute sa masse, l'épée pointée vers sa gorge. Camaris dévia la coup de justesse, le cuir chevelu ouvert d'une entaille peu profonde commençant à saigner. Le choc fut d'une brutalité extrême au vu du poids des protagonistes, et ils roulèrent sur le sol, fauchant des corps gesticulant, mêlés dans une étreinte mortelle où chacun tentait de poignarder l'autre. La longueur de leurs lames et le chaos de la chute ne leur permit guère de ne s'infliger plus que des coupures, aussi se redressèrent ils face à face, la lame brandie, entourée d'une horde de trépassés qui semblaient les ignorer. Le paladin chercha ses compagnons du regard, avant de constater qu'ils étaient séparés par une montagne d'abominations mouvantes, et il lança un mot de prière pour leur salut. - Tu es si faible petit Camaris ... tu vas souffrir une éternité de tourments pour cette rebellion ! j'ai droit de vie et de mots sur tes compagnons ! - NON ! LAISSE LES TRANQUILLES ! - ils souffriront eux aussi dans mes griffes ... ils me supplieront de les achever ... je les regarderai ramper, jusqu'à ce qu'ils s'entredévorent ! - Tais toi ! Camaris attaqua son adversaire, allongeant un estoc vicieux au niveau de son avant bras, qu'il fit suivre d'un coup de taille vers ses côtes et d'un autre vers son pieds senestre. Ses coups étaient précis et rapides, pourtant le démon les repoussa sans cesser de parler - il pourrait y avoir une autre voie ... abandonne toi à moi, et je les relacherais ... allons, ne sois pas égoiste, qu'est ce qu'une souffrance infinie devant la vie de tes .... compagnons ? Le jeune homme hésita un instant, laissant une ouverture à son adversaire qui passa à l'attaque. Le démon était rapide et agile malgré sa taille, et ses coups avaient la force de le briser au moindre faux mouvement. L'enchainement de coups fut si rapide qu'il faillit trébucher, et se termina dans une arrabesque au niveau de sa joue, frappée de la pointe. Un filet de sang se mit à y perler, aussi Camaris maudit il à nouveau Mysta pour la perte de son armure. Il adobta une attitude prudente, faute de trouver une faille dans la défense parfaite de son adversaire. L'expérience martiale de celui ci était sans limites, et il lui semblait qu'il anticipait chacun de ses coups, qu'il parrait ou esquivait avec aisanse. Ils croisèrent le fer ainsi de longues minutes, sans que l'un d'eux laisse la moindre ouverture, à une vitesse telle que seule la foi et les pouvoirs du croisé lui permirent de survivre. -beau combat petit homme, tu es moins faible qu'il n'y parait ... Mais ton souffle est court, alors que je ne connais pas la fatigue, et bientôt tu mourras ... je vais te tailler vif en pièces, jusqu'à ce que tu me supplies de t'achever ... - ferme là et vient donc chercher ta mort la ou elle t'attends, ordure, répondit le templier, avant de sourire difficilement. Il se jeta en avant, martelant à nouveau la partie basse et dextre de la garde de la créature, avant d'essayer de lui trancher l'autre pieds, mais celui ci était trop rapide, et il lui assena un terrible coup de pavois qui lui broyèrent de nombreuses cotes, transperçant ses poumons. Il avança et le saisit à bras le corps, le soulevant du sol par le torse, le secouant dans tous les sens, alors que le corsaire se vidait de son sang dans un râle agonie. Il sonda ses pensées, perçant à jour sa conscience, et y trouva un autre moyen de le torturer. Le paladin tenait toujours son épée, n'ayant plus la force de la soulever, attendant la fin de cette longue noyade dans un océan de douleur et de ténèbres. Le diable lui murmura à l'oreille, un murmure sadique aux lèvres - et après ce serra elle Camaris ... je la traquerai, je la trouverai, et elle serra mienne ... et quand je me serrai repus d'elle, je rejetterai son corps brisé, je le balancerai à mes esclaves, afin qu'ils le dévorent ... Une vision d'horreur empli l'esprit du paladin, lui qui ne supportait pas de voir Sira souffrir, hoqueta de dégoût, comprennant que cette promesse n'était pas veine. Il poussa un cri ...Sa lame s'éleva dans les airs et traversa la tête du planaire, l'air les entourant ondulant et masquant leurs mouvements respectifs On dit que pour l'univers, tout est parti d'un mot. Un simple mot, la source de toute création. On dit aussi qu'il existe le contraire de ce mot, jamais employé, ignoré de tous, réservé au moment où toute vie s'éteindrait, pour que tout cesse le cycle du cosmos. On dit que même les dieux ignorent ce mot, et cela vaut sans doute mieux. Qui sait ce qui pourrait advenir, s'il était prononcé ?Et l'espace autour d'eux se figea. Etait ce la mort qui venait le chercher sur son destrier d'os ? Il revit sa vie défiler dans son regard en un instant. Il ressentit toute la frustration accumulée toutes ces années, son sentiment d'injustice devant la souffrance du monde, des créatures vivantes, la futilité de l'existence, la lutte des gens de sa contrée, le destin tragique des siens. Il canalisa cette émotion au moment où l'agonie atroce de Sira lui était montée, il la façonna en un souffle. Un simple mot ... Une bravade lancée à la face de cet univers injuste, la catalisation de toute la souffrance qu'il avait causée et ressentit dans son passage parmi les vivants il sombra dans un abime de noirceur qu'il savait sans fond. Que la fin lui était douce, désormais. Pourtant, une vision vient perturber son repos tant mérité. Une jeune femme, dans la force de l'âge, à la grâce féline et sauvage, le fixait. Meme débarassé de toute influence physique, il se dit qu'elle était belle. Il vit son regard désespéré sondant l'horizon, et la vision le suivit dans le gouffre. Sira ... L'air autour d'eux ondula, comme s'il fondait, et se compressait, irrépressible. Le cri de Camaris se figea, et une explosion les souffla tous deux, suivie dans une pluie de flammes aux couleurs iridescentes. Les undeads s'effondrèrent sans un bruit, un sourire satisfait sur leurs faces de gargouille. Les boucaniers se mirent en quête, mais la seule trace du combat que l'on trouva, était un cratère de cinq mètre de profondeur, rempli de roche en fusion. Nulle trace du chevalier ou de sa Némésis. _________________  Mandylion without a face Deathwish without a prayer End of hope End of love End of time The rest is silence |
|  | | Sira Damoiseau/Damoiselle

Nombre de messages: 160 Date d'inscription: 26/01/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Ven 29 Avr - 0:12 | |
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Dernière édition par le Mar 7 Juin - 2:18, édité 1 fois |
|  | | Lycandrion Conteur/Conteuse


Nombre de messages: 56 Localisation: UTBM - Belfort (90) Date d'inscription: 28/02/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Ven 29 Avr - 10:08 | |
| Le combat devenait deplus en plus violent. Les boucaniers tenaient encore le coup, mais leurs blessures étaient multiples, et les ennemis revenaient inlassablement. La vitesse des dagues de Lycandrion n'était plus la même qu'au début de l'affrontement. Au début, aucun mort vivants n'avait réussi à s'approcher, des coups mortels et rapides s'abattant sur eux dès qu'ils approchaient. Maintenant, il se défendait désespérément contre trois putrides. La sueur perlait de son visage et il commençait à avoir des crampes un peu partout. C'est alors qu'une énorme explosion retentit, suivi d'un souffle d'une puissante intensité. Tous ceux qui se battaient furent balayés, boucaniers et morts vivants. Ces derniers se disloquèrent et se désintégrèrent, leurs cendres dispersés par le vent. Les boucaniers se relevèrent lentement. Les combats avaient été rudes, et tous étaient parcourus de nombreuses blessures. Lycandrion s'approcha du cratère encore fumant en titubant, où il y a encore quelques secondes, som ami et mentor Camaris était aux prises avec le démon. Nulle trace des belligérants étaient visibles. Le monde autour du roublard parut s'effondrer. Son meilleur ami et le seul qu'il ait eu ces dernières années, celui qui l'a ramené à la Lumière et redonné l'envie de vivre, envolé! Non, ce n'était pas possible. Il se mit à fouiller frénétiquement parmi les débris, chechant désespérément Camaris. Des larmes ruissellaient sur son visage. Non, il ne pouvait être mort. Pas lui! Alors que Lycandrion cherchait un signe quelconque de Camaris, le champ de bataille disparut progressivement, laissant place à la salle dans laquelle ils se trouvaient initialement. Mais encore, une fois, l'écuyer ne parvint pas à retrouver la dépouille de Camaris, ni celle du démon. Ce fut comme un coup de poignard qu'il reçut au coeur. La douleur était si insoutenable, si violente, qu'il faillit perdre conscience. Ses jambes cessèrent de le porter, et ses dagues s'échappèrent de ses mains. _________________ Pas vu, pas pris!
[img:f4e5]http://perso.wanadoo.fr/josua/ban/lycandrion.jpg[/img:f4e5]
Dernière édition par le Sam 30 Avr - 19:40, édité 1 fois |
|  | | panthère noire Voyageur/Voyageuse

Nombre de messages: 1 Date d'inscription: 29/04/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Ven 29 Avr - 18:37 | |
| Le fauve ouvrit grand la gueule, poussant un long bâillement, s'étirant dans un mouvement souple et langoureux qui aurait coûté le dos de plus d'un humanoïde. Il avait passé quelques heures à reprendre des forces, après la longue traque qu'avaient menés les bipèdes sur son territoire le jour précédent. Il en avait taillé deux en pièces, alors qu'ils s'éloignaient du groupe de chasseurs, mais les autres étaient prudents. Ils portaient des arcs et de longs tubes crachant le feu, répandant mort et dévastation dans la forêt. Sa forêt ... Il lécha patiemment son flanc mutilé recouvert d'une croûte, dans un geste patient transmis à travers les âges à tous les félins. Il médita un instant sur son imprudence, alors qu'il était sorti du couvert des bois, avançant lentement et pacifiquement, la tête haute et fière, vers les hommes suant abondamment. Le bruit terrible du premier coup de feu avait été suivie d'une douleur cuisante, accompagnée de l'humiliation du refus. Il n'y avait maintenant plus d'alternatives : avant le lever de la lune blafarde se jouerait leur dernier combat, pour la possession de cet endroit. Il bondit et atterrit souplement sur le sol, disparaissant immédiatement dans le couvert végétal dense. Il ressentait chaque son, chaque odeur de la forêt, comme s'il en percevait l'essence vibrante. Il avançait, tapis, furtif, telle une ombre mortelle prête à engloutir tout ennemi assez fou pour s'aventurer dans la végétation. Un museau de jais émergea un instant du feuillage, sondant la clairière, et n'y voyant que mort et désolation. Il se demanda quel fauve avait pu massacrer ainsi tous ces redoutables humanoïdes, et se prépara au combat, pour la possession de ces terres. Les deux-pattes gisaient dans leurs fluides, dégageant une odeur écoeurante de charogne au soleil. Il sortit lentement de son couvert, tous sens en alerte, et passa aux milieux des corps, prennent garde de ne maculer son pelage sur aucune de ces vermines d'envahisseurs. L'un d'entre eux semblait agonisant, au milieu des autres, portant pourtant une forte odeur de tuerie. La panthère feula d'un air de défis, ressentant avec une pointe d'angoisse et une forte excitation l'aura de mort de la créature. Celle ci gisait pourtant prostrée, sanglotant. Elle se rapprocha lentement, prête à bondir et à lui arracher la gorge au moindre mouvement. Elle arriva contre la bête à l'apparence humaine, qui semblait endormie au milieu du carnage qu'elle venait de commettre. Comment une créature si puissante pouvait elle s'exposer ainsi ? Peut être avait elle perdue sa meute, sa compagne, et cherchait elle maintenant la mort au combat ? Cette pensée fugitive déclencha une vraie tempête mentale dans l'esprit du fauve. Lui aussi avait perdu les siens, massacrés par de cruels reptiles ressemblant à des deux-pattes. Il renifla doucement le visage de la jeune femme prostrée, plein de respect, et décida qu'elle méritait peut être elle aussi une chance. Le félin poussa un feulement, entre compassion et interrogation, comme s'il se rappelait les échos d'un passé lointain et douloureux. Le sort lui passa dans l'esprit, et l'instant d'après, il su ce qu'il avait à faire. Une vie pour une vie, telle était la loi de la nature. Il focalisa son esprit sur un lointain souvenir ... Les blessures de la jeune femme perdirent petit à petit de leur gravité, tandis que les mots antiques transmis d'esprit à esprit canalisait l'énergie curative contre sa poitrine. La créature ressentait des sensations étranges, anciennes, qu'elle avait crues totalement enfouies au fond de sa conscience. Elle pleura doucement au souvenir du temps passé, et redevint la bête avant que le flots d'émotions ne la submergent totalement. Dans la jungle, celui qui était sauvé ou nourri par un autre devenait son serviteur, mais elle tenait à sa solitude. Elle se mit à lécher le visage de l'inconsciente de sa langue râpeuse, se préparant à bondir dans les fourrés au moindre mouvement de celle-ci. Elle se tenait également à affût d'autres prédateurs, que la charogne ne manquerait pas d'attirer ... |
|  | | Sira Damoiseau/Damoiselle

Nombre de messages: 160 Date d'inscription: 26/01/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Sam 30 Avr - 1:22 | |
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Dernière édition par le Mar 7 Juin - 2:19, édité 1 fois |
|  | | josua Chevalier


Nombre de messages: 178 Localisation: le nez dans les étoiles Date d'inscription: 15/02/2005
 | Sujet: Re: Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris Lun 2 Mai - 18:09 | |
| résumé des évènements du premier mai : Camaris revient amnésique des limbes, corps et esprit brisé. Il est soigné par les membre de l'équipage qui n'arrivent cependant pas à lui rendre la mémoire. Sira, profondément blessé par les actes qu'elle a commis à cause de son départ, fait montre d'une douleur si vive qu'elle réanime ses souvenirs. Et quand la belle l'embrasse, l'ancien paladin retrouve petit à petit mémoire et raison. Sira décide alors de s'enfuir pour cacher aux vues des corsaires ses crimes. Camaris et Seiei la convainque de rester, malgré sa honte, et commencent à parler avec elles de ses faits pour lui donner l'espoir de pouvoir vivre avec. De chaleureuses retrouvailles avec les boucaniers s'en suivent, Camaris remercie ses amis, particulièrement ceux qui l'ont suivi jusqu'en enfer. Il accompagne Sira, à laquelle il hésite à parler de son astre et Lycandrion à la taverne de Booty. Camaris explique alors que son salut dans les affres de la mort est du à son amour pour la dame de ses rêves et aux conseils de Kormir, le démon familier de Célia. Camaris savoure le temps passé aux cotés de ses amis, alors que Seiei les rejoins, et ils se rendent sur la tombe des parents de Lycandrion. Le paladin est dévoré par sa flamme pour la gracile damoiselle, mais est effrayé par ambiguïté de ses relations avec celle-ci. Comment pourrait il demander plus, à l'ange qui a gardé son âme dans les profondeurs infernales ? Ne confond il pas affection et amour ? La soirée se finit sur l'Arpenteur, autour d'une outre de rhum, et les deux âmes tourmentées s'endorment doucement sur le sol de la cabine du chevalier, bercées par l'alcool ... _________________  Mandylion without a face Deathwish without a prayer End of hope End of love End of time The rest is silence |
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