[HRP] Je poste ici la suite et fin du topic
"Le cri des âmes tourmentées: Sira et Camaris."pourquoi sur un nouveau topic? Car c'est une renaissance, et que vous pouvez tous y apporter votre petite histoire. Vous pouvez en effet y poster toutes vos histoires sur la vie paisible à bord de notre joyeux navire. ^^
Je tenais à remercier tout ceux qui ont u le courage de lire notre récit, qui sera je l'espère, la première d'une longue série où tous participeront.
Longue vie à l'arpenteur

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Ainsi s’écoulent les jours heureux, semblables aux lueurs fragiles de gemmes merveilleuses. Celles qui prennent mille reflets chaleureux au cœur des écrins précieux et que l’on cache des yeux attirés et convoiteurs.
Autant de pierres fabuleuses au sein d’un même coffret lumineux : L’Arpenteur.
Autant d’âmes sincères qui font rayonner de leurs auras ses parois d’un bois riche d’histoire.
Ces auras qui, comme les scintillements de facettes d’agates, de Rubis, Lapis lazulite et autres merveilles, s’entremêlent, se fondent pour créer de nouveaux cortèges d’éclats.Sira laissait divaguer ses pensées au gré des flots.
Elle se tenait paisiblement sur la rambarde du pont, laissant traîner sur le ciel nocturne un regard humble et paresseux.
L’odeur voluptueuse de la cuisine d’Ulfang et de Lycandrion remontait lancinement jusqu’à elle et tissait un patchwork coloré de saveurs.
« Un vrai fil d’Ariane, avait commenté un jour Camaris, il suffit de le suivre pour se nourrir ! »
Et Sira de comprendre, une fois de plus de travers, que le paladin voulait se « nourrir » d’une certaine « Ariane ».
Dans l’enflamment de la conversation, que Seiei ne tardit pas à rejoindre, tout deux tentèrent d’expliquer le mythe, se justifiant maladroitement à grand renfort de minotaures, de Minos et autres personnages étranges, ce qui ne faisait qu’ajouter de nouveaux gigolots sur la liste noire de la petite.
Elle avait fini par enfoncer à coup de pied toutes les portes des cabines afin de débusquer cette bande de joyeux drilles sexuels qui s’invitaient la nuit à bord du bateau, à son insu.
Le quotidien paisible et animé. La connivence d’un équipage heureux.
Une table pour l’encas habituel concocté par Ulfang fut dressée sur le pont. De petites bougies y furent déposées et les trainards nocturnes s’y attablèrent.
On discuta longuement, joyeusement, se laissant bercer du roulis de l’Arpenteur.
On plaisanta sur le sujet du futur enfant de Kassy et Seiei et des dégâts qu’un tel croisement pouvait engendrer.
Diia proposa une partie de carte. On joua jusque tard dans la nuit et une bonne quantité de rhum et de pinot fut sifflé au passage.
Puis, lorsque la nuit devint trop profonde et que les esprits s’endormirent, les marins prirent la route de leurs rêves, leur sommeil gardé par les doux craquements de la coque.
Seule resta Sira, toujours accoudée à la balustrade, contemplant l’infini de la grande bleue où se reflétait la pâleur des étoiles et le scintillement de la lune.
Comment pouvait-elle dormir en paix ? Comment pouvait-elle mériter un tel bonheur ? Pire, comment pouvait-elle rire ?
Dans le clapotis langoureux des vagues, elle revut le visage de l’enfant qu’elle avait tué, sa peau se raidit.
Les larmes coulèrent instantanément. La petite était perdue. Perdue face à ce trop plein d’émotions. En quelques semaines, elle était passée des ruines complètes de son existence à une famille soudée et forte. Jamais elle ne pourrait assez remercier, ni faire comprendre à ces corsaires au grand cœur, la dette qu’elle leur devait.
Car ils étaient tout pour elle à présent : Son port d’attache, la raison pour laquelle son cœur avait repris ses battements, l’endroit où Shaani l’avait ramenée du néant.
Grâce à eux, de ses ruines de désolation se rebâtissait peu à peu de nouvelles fondations.
Elle continuait toujours ses pleurs lorsqu’une ombre vint l’enlacer par derrière, passant ses bras robustes mais attentionnés autours de sa taille.
Le visage de Camaris vint se blottir contre le sien.
Ils n’échangèrent pas un mot, ni même un regard. Mais leurs destinées avaient finies par se réunir de nouveau.
Ils restèrent un long moment ainsi et il sembla, un bref instant, que leurs auras s’harmonisèrent à la perfection, et créèrent cette unique couleur légendaire : Le blanc le plus pur...
Le Karma ne pouvait, disait-on, se ressentir pleinement ni se percevoir des yeux d’un créateur même.
Pourtant, ce soir là, l’air frissonna autour d’eux et se figea, comme saisi lui-même de la pureté parfaite du lien qui unissait ces jeunes gens.
Puis, il reprit sa fluctuation, vibrant d’ondes et porteur des humeurs humaines…
Peut être le miracle ne se tint que d’une seconde à peine, une goutte d’eau dans un océan tumultueux. Mais cette seconde justifia, aux yeux de Sira, l’existence à elle seule.
Un cri retentit, suivi d’un vacarme assourdissant.
Sur le pont passèrent en trombe une Kassy furieuse de colère suivie de prêt par un Seiei penaud et impuissant, vêtu en tout et pour tout d’un caleçon arborant de jolis éléphants. Sur sa joue était imprimée une main rouge sang.
« Mais voyons mon lapin, bredouilla t-il, je ne voulais pas dire que tu étais gr… que tu avais pris du poids ! Je voulais juste te dire que trop de chocolat n’était pas bon pour la santé… Mon lapin… »
Et Sira et Camaris d’éclater de rire d’un seul et même cœur.
Ainsi s’écoulent les jours heureux, semblables aux lueurs fragiles de gemmes merveilleuses. Celles qui prennent mille reflets chaleureux au cœur des écrins précieux et que l’on cache des yeux attirés et convoiteurs.
Jusqu’au jour où, attiré par les rires, le malin vient à les fracturer, emportant dans ses poches pleines le trésor des enfants…