Ton texte est magnifique Sira. Dans sa forme à la première lecture, et à travers ses idées plus que tout. En prenant le relais, j'ai peur de rompre l'harmonie, dans la toile complexes des pensées, dans l'ambiance retranscrite à merveille, et dans l'équilibre qu'ont trouvé nos personnages dans ce récit. Puisse t'il ne pas en être ainsi.« Dis Camaris, tu crois qu’on est heureux ? »
La question résonna une fois encore dans l'esprit du jeune homme, portée par une voie douce et innocente. Ils étaient étendus à même le pont, le nez dans les étoiles, bercés par le remugle inexorable et patient de la marrée, profitant simplement chacun de la présence silencieuse de l'autre. Elle avait bondi et rué telle une idée folle dans la chaleur de l'après-midi, heurtant et agitant ses pensées comme un étalon sauvage piqué au vif en pleine canicule, pour finalement trouvé un soupçon de calme dans l'air agréablement frais du soir.
Ils étaient en tête à tête avec les astres, appréciant leur proximité mutuelle dans la douceur de la nuit fraîchement tombée. Le clapotis des vagues faisait un échos humide à leurs esprits en effervescence, aussi le chevalier décida t'il d'aborder un sujet délicat. Il hésita un instant, de peur de briser la magie du moment, mais il savait sa démarche nécessaire.
De son air songeur, la lune renvoya le reflet impavide d'une reine insoumise, alors qu'il entreprenait de nommer les constellations d'étoiles lointaines à son Astre. Ici, la balance, symbole de l'équilibre céleste et de la justice des hommes. Là, le glaive, lame de vindicte sacrée. Au dessus de la vigie, la Rose, beauté fragile et éphémère, figée dans un instant d'éternité.
Il avait toujours apprécié la beauté distante du firmament, seule compagne fidèle des errants, mais il la trouvait bien fade à coté du visage rayonnant de Sira.
<< Je suis heureux à tes cotés. Tu es belle, intelligente et gentille. Jamais je n'ai rencontré de Dame qui ne rassemble ces trois qualités avec tant de brio, particulièrement chez les nobles >> dit il d'une voie rendue tremblante par l'émotion.
Le visage de l'intéressée s'empourpra, pas de cette teinte brique qui exprime la honte ou la colère, mais rosit joliment, faisant ressortir traits fins et pommettes harmonieuses à la lueur vacillante du clair de lune, dans un jeu d'ombre et de clarté aux nuances subtiles. Elle ajouta d'une voix étrange
<< Je sens la bête qui rôde en moi. Je ne veux plus la laisser tuer. >>
Le silence qui s'établit vibrait de leur compréhension réciproque, et la question muette figée dans son regard d'azur ( note : de quelle couleur sont ses yeux ? ) trouva sa réponse tandis qu'il la serrait doucement mais fermement contre lui.
<< Jamais je ne te laisserai ... Jamais. >>
Un ange, porté par la force de leur amour, passa doucement sur les alizés du soir, les bénissant d'un regard ampli d'une bienveillance infinie.
<< il y a une bête dans le coeur de chaque homme, mon Coeur. Tu as vu la mienne quand Mysta a tenté de m'ôter la vie ... La seule différence entre les êtres, c'est les barrières que nous dressons pour l'empêcher de sortir de son enclos de folie. N'ai pas honte, tu es forte, tu as grandi sans qu'on t'aide à construire ces entraves, c'est la force de ta volonté qui les a érigées. Notre amour les renforcera. >> Dit il avec calme.
<< et nos amis ... c'est la bête qui les attire loin de nous ? >> demanda t'elle, son timbre rendu grave par la douleur de la séparation.
<< ne nous aiment ils pas ? >> ajouta t'elle avec tristesse
Le jeune homme trouva instinctivement sa main dans la pénombre, et la serra avec conviction. Il jeta un regard hésitant aux cieux, appréciant le parfum de fleurs sauvages qui émanait de l'élue de son coeur, se mêlant à l'odeur salée des embruns.
<< Chaque individu doit vaincre lui même la bête qui menace de le détruire, mais son esprit ne lutte pas seul. Notre affection est l'écrin des sentiments les plus purs de leurs coeurs, ils ne sont pas seuls. Ils nous reviendront >> conclut il d'un ton ferme, plein de défis, lancé dans le velours de la nuit comme une bravade aux dieux.
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Mandylion without a face
Deathwish without a prayer
End of hope End of love End of time
The rest is silence